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NOTRE REGARD SUR LE CONGO ET SON AVENIR A PARTIR DE MAINTENANT

En cette année 2020, où les effets multiples et complexes de la pandémie de Coronavirus secouent les sociétés et font vaciller les économies, les nations recherchent les modalités de leur réinvention. Les leaders d’Etat, les académiciens et penseurs, les autorités ecclésiastiques, les operateurs économiques, les politiciens, opèrent une remise en question quintessentielle de l’Etre des sociétés contemporaines. Tout le paradigme existentiel de la modernité existentielle est en mutation. Dans cette optique, la Covid-19 est considérée comme une force tectonique planétaire historique, révélatrice tant des vulnérabilités que des potentialités de l’homme moderne. Pour corroborer l’économiste Joseph Schumpeter, dans son concept de «Creative Destruction », malgré la tragédie qu’elle a causé, la Covid-19 aura été catalyseuse de la réinvention du monde et des Etats. La RDC fait face à ce défit de sa réinvention.

 

LE POINT D’INFLEXION HISTORIQUE ET LE RÊVE DU CONGO-KÉMÉTIK

Sous cette lumière, la RDC se trouve de plein pied au double point d’inflexion de sa trajectoire historique et sociétale. Premièrement, après la colonisation, le chaos de l’indépendance, le totalitarisme stalinien du Zaïre, les guerres, et à la lumière de la refondation multisystémique de 2001-2018, le Congo a atteint la phase de la vélocité du décollage total. Mais, les politiciens, la société, semblent porter une «fausse conscience» qui ne discerne par cette vérité-réalité historique et sociétale. C’est pourquoi, après toute cette séquence des drames et tragédies, alors même que de 2001 à 2018 nous avions reconstruit les fondations systémiques majeures, nous sommes replongés dans l’obscurantisme politico-sociétal de 1960 et des années 1990s.

 

A une phase où nous sommes censés nous unir pour créer une synergie productrice de la vélocité développementale, nous sombrons dans les contradictions-contractions. Cette récurrence de l’incapacité d’impulsion des dynamiques mélioratives soutenables dans la durée et à finalité développementale constante, nous oblige à nous poser la question ontologico-anthropologique : qui sommes-nous réellement et quel est notre problème quintessentiel.

 

Le deuxième pan de ce point d’inflexion est celui du défi de notre transsubstantiation  onto-anthropologique pour la réinvention du Congo. Pourtant l’ère historique de la réinvention avait commencé avec la Révolution de 1997, avec ses contradictions. La véritable dynamique de la reconstruction réinventrice du Congo a été tangiblement amorcée de  2001-2018 où les matériaux refondateurs systémiques ont été posés. Mais, cet élan a connu une régression à partir de 2019 à cause des déficiences d’ajustements inhérentes aux nouvelles mutations et reconfigurations politiques. Aujourd’hui, avec les révélations de nouveaux défis et potentialité de la reconfiguration géoéconomique et géostratégique mondiale,  inhérentes à la phénoménologie de la Covid-19, la RDC doit impulser l’accélération de sa réinvention.

 

Sous cette lumière et au regard  du questionnement ci-dessus, ce processus profond impose la libération et le jaillissement de la «Force vitale Bantoue » en nous, tout en capitalisant nos racines kémétiques, pour nous propulser vers notre destinée du Congo-Kémétik.

C’est-à-dire :

 

«Une nation congolaise porteuse d’un génie développemental  luminescent polygonal en Afrique et dans le monde.» 

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Force est de souligner que le paradigme-vision «Congo Kemetik » (extrait de la philosophie Maâtiste de l’Egypte originelle) ou NEW CONGO, procède de la nécessité de la construction d’un mythe fondateur d’éclosion de la puissance créative et productive. Un mythe fondateur capable d’inspirer une existentialité énergisée productrice des idées-ambitions des projections et projets réalisables à court, moyen et long terme. Cela, dans la finalité de la reproduction dans une version moderne, de toute la puissance et la splendeur de l’Egypte du Polymathe IMHOTEP, premier savant de l’histoire de l’humanité.  Et le Congo possède à cette époque, qui lui ouvre une occasion historique d’un décollage définitif, toutes les ressources pour se hisser au top mondial des nations déterminant le sort de l’humanité – comme le voyait déjà le Magazine washingtonien The Atlantic déjà en 2015.

 

Les effets géoéconomiquess de la Covid-19 donnent à la RDC aujourd’hui plus que jamais, l’opportunité voire l’obligation inévitable d’influer sur les enjeux géoéconomiques et géostratégiques planétaires dans l’énergie, l’aérodynamique, l’industrie automobile, la super-métallurgie, les super-jets ultrasoniques de combat, les avions supersoniques commerciaux et les super-fusées, la télécommunication. Mais, comme se sont interrogés les Professeurs d’universités de l’UNIKIN, nous étalons aux yeux du monde une impotence développementale traductrice d’une débilité anthropologique tout à fait énigmatique. Et c’est surtout le champ politique, avec des politiciens en déficience  idéologico-intellectuelle, qui constitue l’épicentre de nos oscillations sociétales en chaine chao-progrès-régression-drames.

 
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LES CONTRADICTIONS - CONTRACTIONS DE L’ALTERNANCE

Comme le souligne le Professeur Matata dans son exposé sénatoriale du 5 Juillet 2020, nous avons changé le nom du pays, promulgué une nouvelle constitution, produit des tonnes de lois, appliqué l’ajustement structurel et une batterie de programmes avec les institutions de Bretron Wood. Nous avons changé d’hymne nationale et…nous avons changé de président, en élisant le leader du  plus ancien parti oppositionnel ayant combattu pendant 38 ans ! Et unique en son genre, le nouveau président a même dédié publiquement et solennellement la nation à Dieu au Stade des Martyres -- à l’endroit même où furent littéralement sacrifiés (immolés), par pendaison publique, quatre Congolais (après que leurs yeux aient été crevés), pour assouvir et assoir le pouvoir du présidentialisme impérial zaïrois qui est reproduit en 2019-2020. Nous sommes même la nation Africaine la plus chrétienne et la plus «prieuse». Mais, 60 ans après, alors que nous avions réalisé une reconstruction systémique fondamentale dans la période 2001-2018 ayant donné l’espoir d’un bon définitif vers l’émergence en 2030, nous nous retrouvons encore dans des contradictions-contractions effarantes et disgracieuses  en 2019-2020. Elles sont assorties des poussées régressives porteuses de réminiscence du «mental pré-républicain et l’Esprit du pouvoir  zairocratique».

 
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L’impératif et la rationalité de la création d’AGIR NEW CONGO :

l’Imhotepisme développemental

Les fondateurs de cette constellation-mouvement ont capté les contradictions-contractions de ce régime, dans cette ère révélatrice et réinventrice mondiale de la Covid-19, comme découlant quintessentiellement de :

«La déficience ontologico-anthropologique intellectualité transsubtantialiste»

Cette thèse puise dans la théorie spinozienne de « adaequatio rei intellectus ». L’intellectualité transsubstantialiste est celle de l’intelligence qui opère la mutation normative de la substance quintessentielle de l’être et de la société au sens d’un développement holistique et durable. L’intellectualité transsubstantialiste est celle du verbe Imhotepien logique en lui-même et dans son captage du monde,  et surtout le verbe porteur de la Force Vitale Bantoue comme puissance de création matérielle concordante : l’adéquation entre le «verbe-créateur» et la concrétude qu’il produit.

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Dans le système d’idéation  de notre organisation, le polymathe Kémétique Imhotep (Imouthes, 2667-2600 BCE),  homme d’Etat de la 3e dynastie sous le Pharaon Djoser, philosophe, mathématicien, poète, architecte, chimiste, physicien, «illustre Reck », constructeur de la première pyramide à dégrée de Saqqarah, admiré par les Grecques et les Romains comme maitre de la médecine, est la référence intellectuelle première.

 

Imhotep incarne l’énergie innovante de l’Etre et la société, la puissance de l’inventivité, le sens de la transformation de la collectivité. Ce recourt à Imhotep permet aux intellectuels Africains en général et Congolais en particulier, à l’instar des Européens qui dans les sciences recourent aux penseurs et alchimistes Grecques, d’avoir une icône philosophique et scientifique référentielle, inspirant et motivant dans la maitrise des sciences, des technologies, dans l’organisation de la Res Publica et dans la prospérité économique ainsi que dans la maestria militaire d’une brillance mondiale - comme le prescrivait déjà le philosophe, médecin, banquier, homme d’affaire, Dr James Horton Africanus au 19e siècle.

L’intellectualité imhotepienne puise aussi dans le concept de la FORCE VITALE Bantoue du Révérend Père Tempels, dans le paradigme reinventioniste du Philosophe Congolo-Americain Mubimbe et dans la philosophie de la puissance de l’imaginaire pour le développement proposée le théologien et philosophe congolais par Ka-Mana.

 

Si les Américains, les Européens, les Asiatiques recourent à leurs illustres philosophes et savants anciens, il n’est que logique que les Africains/Congolais se connectent aux référents iconiques de leur terroir. Dans le cas d’AGIR NEW CONGO comme constellation-mouvement intellectuel et développemental, ce référent iconique est Imhotep. Célébré par les Grecques comme Asclépios, Imhotep a influencé les Romain sous les Empereurs Tiberius et Claudius. Les temples de ces deux empereurs portaient des inscriptions louant Imhotep.

 

Les SEPT PAPYRUS éclairent les matériaux fondamentaux de la philosophie d’AGIR NEW CONGO. Il y est expliqué le système d’intellectualité  imhotepien développementale, la vision, les objectifs, les valeurs, actions et leurs principes, ainsi que les projets « game changers » d’AGIR NEW CONGO. Celui-ci se veut le creuset de la transsubstantiation intellectuelle imhotepienne, le foyer de la synergie des intelligences qui transcendent : les pulsions primaires (égo-thanatos), la politicaillerie sous-développante, le fanatisme, le christianisme fétichiste, et la science galvaudée, pour un raffinement de l’intellect porteur de la FORCE VITALE génératrice de la puissance créative et développementale. Notre ambition est d’ouvrir les Esprits des Congolais sur les possibles inouïes de la reconstruction accélérée et du développement, par synergie des intelligences et des ressources, dans une impulsion communautaire complétant les efforts étatiques et prives.

 

LES CONGOLAIS ONT LE DEVOIR ET LE DROIT DE RECONSTRUIRE EUX-MEMES LEURS TERRITOIRES ET L’ETAT DEVRAIT LES Y ACCOMPAGNER.

Toute personne dont l’Esprit cartésien peut opérer une élévation adéquate pour cerner la possibilité de la valeur ajoutée de notre organisation à l’élévation ontologique et au développement fulgurant du Congo, de l’Afrique et au progrès du monde, peut librement solliciter l’adhésion, sans aucune considération de race, de nationalité, de religion ou d’appartenance politique.

LES CONTRADICTIONS -CONTRACTIONS  DE L’ERE DE L’ALTERNANCE  

La cognition altérée, le déraillement de la République, la mutilation de la démocratie et la régression socioéconomique.

Force est de souligner qu’en 2019-2020, des élites politiques ayant produit les fondamentaux de 2001-2018, dont elles semblent ne pas comprendre la plus haute portée réinventrice, ainsi que les anciens opposants stagnant dans un «oppositionisme» beat infécond, une oligarchie ecclésiastique et une société civile militantes, des professeurs d’université porteurs d’intelligence instrumentale, des pseudo-intellectuels populistes, sont tous dans un «déficit d’adeaquatio mentis et rei ». La société baigne dans la fausse cognition ou une conscience erronée, par rapport au gisement de la FORCE VITALE, à l’intellectualité Imhotepienne, à notre essence kémétique, notre trajectoire historique et notre destinée du Congo-Kémétik. C’est surtout l’association (coalition) politique gouvernant l’Etat, qui pourtant est porteuse de plus deS possibilités de créer une synergie propice au développement, qui est d’un  disfonctionnement total et exaspérant causé justement par une cognition erronée. 

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En projetant la lumière imhotépique du PAPYRUS 4 sur la RDC dans l’ère de l’alternance on s’aperçoit que sa vacuité fondamentale est superstructurelle. Et les élites au pouvoir, anciennes et surtout celles y ayant  nouvellement accédé, font justement preuve d’intelligence instrumentale car elles ne proposent pas un système superstructurelle capable d’inspirer, de mobiliser et d’impulser le développement systématisé et durable. Et ce qui est plus grave est que les élites du plus vieux parti de l’opposition avec 38 ans de combat font preuve d’infécondité en créativité idéologico-intellectuelle : impotence en proposition d’un nouvel imaginaire ou un corpus d’idées de propulsion, de vision-regard sur nous-mêmes ou de vision-ambition-rpojection au regard de la récente évolution du pays, au regard du prisme réinventeur mondial de la Covid-19, au regard des défis et potentialités du nouvel ordre mondial en termes de sa agroéconomie et sa géostratégie.

  • Cette déficience d’intellectualité imhotépienne développementale produit les contradictions-contractions suivantes :

 

Menaces et avilissement de l’ordre républicain

Alors que depuis le gouvernement 1+4, et ensuite les différentes phases de gestion étatique avec intégration politique, notamment le Gouvernement Gizenga-Muzito, le Gouvernement Badibanga, le Gouvernement Tshibala, l’Esprit Républicain de la cohésion politique et nationale pour le progrès collectif prévalait, dans la dispensation de l’alternance où la coalition est même censée cimenter l’unité nationale, la République est au contraire menacée d’éclatement. Cette tendance de fragmentation de la République  est causée  par la résurgence de l’égotisme-narcissisme politicien, les divisions partisanes, le tribalisme, la mentalité vandale de la horde. La République est aussi avilie par la pulsion thanatos et la récurrence de la politique de la mafiotisation de l’Etat à des fins d’accumulation matérielle.

 

L’Esprit Républicain de l’AMOUR DU CONCITOYEN prôné par Montesquieu comme «vertu républicaine et principe de la République » s’est étiolé. La République comme foyer existentiel de raison, d’éthique, d’esthétique, des sciences et progrès technologiques, des arts et sports étincelants, d’un environnement saint et d’une société sereine, est d’une possibilité qui s’est évanouie. A la place c’est la sécheresse en idées-pensées inintelligibles, la vacuité idéologique, la dénormativisation existentielle. Sur le champ politique avec implication dans la société, c’est l’égotisme-narcissique beat,  le reflexe accumulateur primitif, l’impulsion de la mort de l’autre. La République comme espace sacré de la célébration de notre identité d’Etres dotés de raison n’a ni signaux de compréhension, ni bribes de capacité de matérialisation, surtout dans les élites politiciennes.

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La sacralité de l’ordre républicain où la raison féconde le pluralisme en idées reconstructives, opérationnalisant un Etat rationaliste au bénéfice de tous, tout en consacrant le triptyque spécialisation-séparation-autonomie institutionnelle, est en ébranlement par une tendance moniste et hégémonique. L’Etat Républicain, appartenant à tous les citoyens, produisant les richesses nouvelles distribuées équitablement et protecteur de tous, est tombé dans la monopolisation par une horde politicienne souffrant d’ancrage paroissial. 

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La mutilation de la démocratie

Rendue possible grâce à la nouvelle ère créée par le Révolution de 1997, la dynamique de la réinvention du Congo de 2001-2018 a réalisé une démocratisation régénérative. Celle-ci a été matérialisée dans des contraintes extrêmement complexes, concomitamment à la réunification de la nation, la refondation de l’Etat, la relance de l’économie et la réorientation de la société.  Cette reconstruction multi systémique n’était pas parfait, encore moins impeccable. La mission historique de la dispensation de l’alternance est justement de concevoir les modalités innovantes et mélioratives de cette fondation, afin d’accélérer la navigation de la RDC vers l’Emergence en 2030.

L’INTELLECTUEL PIONNIER DE LA DÉMOCRATIE EN RDC PAUL FARNANA

  

Il est d’une importance capitale de souligner que le combat pour la démocratie en RDC n’est pas le produit de l’opposition actionnée en 1980-1982, mais une lutte originelle depuis les années 1920 par l’action du premier intellectuel Congolais Paul Panda Farnana dans ses interactions avec le géant superintello noir américain le Dr. W.E.B Dubois dans les deux premiers Congrès Panafricains internationaux en 1919 et 1921. C’est pourquoi les colonisateurs bannirent l’Honorable Farnana en craignant qu’il ne diffuse ses idées de la libération et de la démocratie au Congo.  Cette lutte a continué dans les années 1960-1970-1980, par les révolutionnaires lumumbistes, notamment avec Mzee Laurent Désire Kabila dans les maquis,  et d’autres mouvements comme le MARC et le FLNC. 

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La continuation de la lutte pour la démocratie par les révolutionnaires Lumumbistes

Force est de souligner que pendant que les révolutionnaires lumumbistes combattaient la monarchie absolue de Mobutu, depuis 1963 (fermeture du Parlement par le Président Kasavubu) ceux qui sont devenus pères de l’opposition interne à Kinshasa constituaient l’oligarchie mobutiste fondatrice du MPR Parti-Etat. Ils jouissaient des prébendes de la zaïrianisation et participaient à la necropolitique de ce pouvoir totalitaire. L’opposition qui est née des frustrations des apparatchiks du MPR Parti-Etat n’a fait que se joindre tardivement à une lutte pour la démocratisation déjà lancée en 1919 par Farnana, reprise dans les années 1950-1960 par les élites coloniales, perpétuée dans un élan marxiste par les Révolutionnaires Lumumbistes et reprise tardivement en 1980 par l’UDPS. On reconnait à cette dernière la robustesse, surtout l’appréciable et admirable ténacité de Dr. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qui ont donné à la lutte pour la démocratie son élan endogène.

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La libéralisation politique n’est pas une démocratisation

Au nom de la démocratisation, des millions de congolais sont morts. L’AFDL a justifié et légitimé sa guerre par le blocage de la démocratisation. Le RDC et le MLC ont aussi rationalisé leurs guerres par l’obstruction de la démocratisation sous le régime de 1997-2001. De 1990 a 1997, le régime de Mobutu n’a pas démocratisé le pays, mais a décrété la libéralisation politique, sans parvenir à construire les matériaux du systémiques de la démocratique, sans arriver à  l’opérationnaliser.

La construction du système démocratique et son opérationnalisation en RDC

Ainsi donc, la construction du système démocratique dans ses structures opérationnelles et son fonctionnement minimal a commencé en 2001, avec le retour au pluralisme et l’acceptation des libertés et droits des citoyens. La validation de la constitution, la mise en place de l’ »Administration électorale (CEI, CENI), la promulgation d’un arsenal de lois sur les élections, les partis politiques et l’opposition, la réalisation de trois cycles électoraux, l’affermissement de l’expérience électorale par des centaines de partis politiques, et au paroxysme le transfert civilisé du pouvoir à un autre président, leader du plus radical parti de l’opposition pendant 38 ans, sont autant d’acquis de cette démocratisation.

 

De 2001 à 2018, ont peut asserter qu’en considérant les dépenses de l’Etat pour les élections (sécurité, administration, diplomatie), les allocations à la CENI et les charges encourues par les candidats et les partis politiques pour les campagnes, l’industrie électorale congolaise est de plus de $5 milliards. Sans désavouer les élections, on peut affirmer qu’elles nous ont couté des sommes faramineuses. Celles-ci auraient bien pu être affectées aux projets de la reconstruction de nos villages. La RDC n’est pas parfaite en cette matière, mais sa démocratie est une réalité. Le défi de cette dispensation est de concevoir les modalités intelligentes de sa consolidation.

L’avilissement de la démocratie par impulsion partisane égotiste, tribale et vandale

Or, on observe, avec âmes fendues, au monoideisme contraire au pluralisme qui est le fondement de la démocratie. On voit la résurgence des pratiques médiévales de la horde qui vandalise tout sur son passage. Toute idée ou pensée contraire à celle de ceux qui croient être les détenteurs du monopole de la vérité et de la violence illégitime, produisent des invectives furibondes. De meutes sont envoyées pour détruire des biens privés, molester les agents de l’ordre. Le sanctuaire institutionnel de la démocratie qui est le  Parlement, est désacralisé. Des menaces de dissolution de l’Assemblée Nationale, sans aucune base rationnelle,  intoxiquent l’atmosphère institutionnelle de la démocratie. Des marches assorties de barbaries et des maléfiques secrétions urinaires des femmes en public, font des morts inutiles. Le pays est plongé dans une nécropolitique inféconde à son progrès. Les appels à la non-organisation des élections en 2023 sont déjà testés. La répression des droits et libertés est revenue au galop comme le démontre Human Right Watch. L’Etat de Droit, par rapport aux marches enfreignant la loi sur l’Etat d’urgence et assorti de vandalisme, est inopérant. Ce terrorisme politique jouit même de la compréhension au sommet de l’Etat.  La démocratie est non seulement en régression, mais elle est mutilée.

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LA RÉGRESSION SOCIOÉCONOMIQUE

De 2001 à 2018, la RDC a réalisé sa meilleure performance économique en produisant plus de $ 40 milliards de richesses nouvelles en 17 ans. Et cela dans un pays où l’économie avait connu une perte en PIB de $10 milliards en 16 ans de 1978 à 1994, et où on avait enregistré une abyssale croissance négative de – 13,13 % en 1994. L’économie était littéralement morte avec notamment la chute de la production du cuivre, son principal produit nourricier de l’économie et du trésor public, de 475.000 t/m dans les années 1980  à 45.000 t/m dans les années 1990. Dans la période la  ressuscitation de l’économie, la production a atteint plus d’un million de t/m. En 2001, le PIB per capita qui était tombé de plus de $1035 en 1978 à moins $140 en 2004 a été porté à plus de $450.   

Sur le plan social, il n’y a pas  eu une amélioration spectaculaire certes. Mais, il faut contextualiser cette carence. D’abord, il faut noter que l’IDH est passé de moins de 0,220 dans les années 1990 début 2001 à plus de 0.445 en 2018. Même l’espérance de vie s’est améliorée passant de 48 ans au début des années 2000 à 58 ans en 2017-2018. En fait, la faiblesse de l’action d’amélioration des conditions sociales a aussi découlé de l’implosion de la croissance démographique, de la profondeur de l’abysse économique à combler, et aussi de la privatisation des concessions des mines ayant réduit les revenus de l’Etat. Leurs profits ne revenaient plus entièrement à l’Etat comme à l’époque du Zaïre où la GECAMINES appartenant à l’Etat gérait toutes ses concessions. Mais, on doit aussi reconnaitre les effets de la corruption, de l’impunité et des concussions dans le secteur minier. Cela a contribué à la réduction de la part des revenus miniers collectés et effectivement alloués à la reconstruction et à la réponse aux besoins sociaux. C’est à ce niveau que la dispensation de l’alternance devait faire preuve de conception des reformes majeures pour la maximisation des revenus miniers en faveur de la population. Mais, tangiblement, aucune intellectualité objective ne permet d’affirmer l’absence en 2001-2018 d’une occurrence additive au plan économique et social.

 

En 2019, la passation civilisée du pouvoir a transféré une économie et une situation macro-économique stable aux nouveaux dirigeants. Le PIB se situait à $48 milliards passant à $50 milliards en 2020. Les réserves en devises à la Banque Centrale étaient de plus de $1,3 milliards. Le Franc Congolais était à FC 1600/ $1. Tout était quasiment disponible pour le déploiement d’un génie gouvernologique, par la coalition au pouvoir, en capitalisant l’expérience des anciens dirigeants et en exploitant les idées nouvelles des anciens opposants.

 

Les réalisations de 2019-2020 sont absolument indéniables. La libération des prisonniers politiques a créé une détente politique. La gratuité de l’enseignement a soulagé de millions de parents, ouvert les portes de l’école aux millions d’enfants. Les actions d’affermissement de l’Etat de droit sont appréciables. Elles sont  contributrices à la bonne gouvernance ainsi qu’à l’assainissement de mœurs politiques. Les sauts-de-moutons impressionnent les Kinois. Les actions sociales et de reconstruction des routes, sont aussi appréciables à leur juste valeur.

 

Cependant, la croissance a connu un recul de 1,4% en 2019. La RDC a perdu 3 places dans le classement de l’IDH. Depuis janvier 2020, la RDC ne fait qu’accroitre ses déficits de trésorerie, atteignant près de $ 300 millions en mai 2020. La planche à billet qui fut mise de coté sous le régime précédant, opérant des transactions strictement sur base caisse, a été remise à l’œuvre. Le budget projeté à $11 milliards a été réduit à moins de $4 milliards. Le personnel pléthorique dans les institutions étatiques, avec des charges de rémunérations et de fonctionnement dépassant les 70 %, au-delà de la norme mondiale de 35 %, créent une situation antirépublicaine et anti-démocratique. L’oligarchie politique, avec l’afflux de nouveau apparatchiks-accumulateurs, monopolise les ressources de l’Etat. Ainsi, le slogan « Le Peuple d’abord » est chimérique car les apparatchiks du pouvoir s’accaparent de toutes les richesses de l’Etat.

LA DÉSILLUSION D’UN PEUPLE PAR L’OBSCURANTISME POLITICIEN

Malgré l’illusion hégémonique et messianique de certains gouvernants et leurs acolytes de la société civile, en réalité la société congolaise est désillusionnée. Les sauveurs se sont se sont convertis en nouveaux apparatchiks-bourgeois politico-compradores. La rédemption politique attendue de 38 ans d’opposition, avec des projets porteurs de génie en leadership d’Etat, ne sont pas visibles. Ceci est d’autant plus vrai qu’aucun projet phare du programme présidentiels de 100 jours du président, notamment les sauts-de-mouton et les maisons préfabriquées, ne figurent ni dans le projet de société du parti dont le leader est sommet de l’Etat, en encore moins dans son propre programme de la campagne présidentielle. 

 

Au plan idéique, il y a vacuité des énoncés discursifs porteurs de puissance d’élévation intellectuelle et inspirateurs des actions d’une mutation substantielle de l’Etre individuel et collectif. Les slogans et crédos conçus par les politiciens oppositionnels des années 1980 sont scandés sans aucune capacité de leur rationalisation par rapport aux évolutions et défis nationaux et mondiaux de cette génération. Les anciens gestionnaires de l’Etat et les nouveaux dirigeants venus de l’ancienne opposition sont tous rébarbatifs. Tout se réduit à la politicaillerie amère, obsolète et régressive. Ils ne sont même pas en mesure d’opérationnaliser leur coalition FCC-CACH aux normes d’une coalition moderne et professionnelle, avec unicité stratégique, opérationnalité institutionnelle cohésive et synergie gouvernologique développante. Ils ne font que créer des tensions, crises, dénuées de cause idéologique ou relatives aux antagonismes quelconques liés aux points de vue différents sur les projets. La société subit ces tortures psychique, ces cauchemars, pendant que la monnaie se détériore, l’économie dégringole, le territoire national est occupé par 150 groupes armés et les troupes de sept armées régulières étrangères.

 

La République n’est plus un lieu de raison, ni d’intelligence luminescente éclairant l’Esprit du peuple, lui montrant le chemin de sa destinée. Nous sommes rentrés dans le Cœur des Ténèbres et cauchemars des tensions, crises et expectatives de la catastrophe imminente comme en 1960-1965. Les plébéiens nous imposent leur volonté et nous conduisent dans la régression, tractés par les basses pulsions pré-républicaines. Nous nous ne pouvons pas continuer à accepter ces inepties politiciennes.

 

La vacuité superstructurelle  correspond à la carence dramatique en transformation infrastructurelle. Il n’y a aucun projet conçu, en début de réalisation, ou finalisé, qui est innovant, structurant et propulseur. Les projets du programme de 100 jours du président sont des récupérations des actions abandonnées, certains jugées irrationnelles (les maisons préfabriquées importées de la Turquie !!!), les sauts-de-moutons inappropriés pour des artères-vitrines en plein centre ville (au lieu des échangeurs et des routes secondaires). Donc, il y a absence d’imaginaire, de créativité, d’innovation, en praxis gouvernonloique capable d’accélérer la dynamique de la réinvention déjà initiée. On a l’impression que les gouvernants n’ont aucune conscience modernisatrice de la République. Même ceux qui ont géré l’Etat de 2001 à 2018 et qui détiennent la majorité parlementaire en gérant le gouvernement sont carrément en sécheresse idéique et en tarissement gouvernologique. Ils sont inccapables même de capitaliser leurs propres accomplissements de 2001-2018, en donnant une certaine effervescence en performance productive gouvernementale. Les anciens opposants eux sont dans une illusion d’omnipotence où ils sont plus focalisés sur la contestation des incitatives de leur partenaires de la coalition et les manœuvres pour dissoudre l’Assemblée Nationale ou encore pour neutraliser l’autorité morale de la majorité parlementaire.

 

Ainsi les Congolais se réveillent chaque matin dans des nouvelles crises, tensions institutionnelles, propos politiciens incendiaires. Un obscurantisme politique  généralisé qui entraine la population dans des étourderies psychiques et intellectuelles, indignes de la République.

LA RÉBELLION IDÉOLOGICO - INTELLECTUELLE POUR LA RÉPUBLIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT

Considérant toutes ces contradictions-contractions, tenant compte de l’obscurantisme politicien, et eu égard à la menace contre l’ordre républicain conjuguée à la mutilation de la démocratie, couplée aux reculs socioéconomiques, à un moment où des troupes étrangères occupent des portions entières de notre territoire, il est du devoir des citoyens de s’organiser pour protéger l’ordre républicain et la démocratie ainsi que les acquis socioéconomiques.

Les contradictions-contractions, l’obscurantisme politicien, les déficiences gouvernologiques, démontrent qu’aujourd’hui en RDC, les acteurs politiques détenteurs du pouvoir, leurs partis politiques, leurs coalitions, ont été jusque là incapables de produire la légitimité de performance. Cela a aussi un impacte érosif sur leur légitimité politique car leur incapacité d’actionner une transformation substantielle de la RDC justifie leur remise en question au regard de la quintessence du contrat social et électoral : acceptation sociétale et vote contre actions de progrès collectif. Ces gouvernants ne sont pas en mesure, jusque-là, de réaliser leurs obligations contractuelles sociétales et électorales. Ils sont donc déjà dans la phase potentielle d’une remise en question contractuelle justifiable, selon l’Article 44 de la Constitution, étant donné qu’ils mettent la nation et péril de désintégration.

 

Eu égard a ce qui précède, il s’est avéré dont d’une impérieuse nécessité de créer une constellation-mouvement intellectuel pour la défense de la République et pour le développement dénommé « AGORA DES GARDIENS INTELLECTUELS DE LA REPUBLIQUE, AGIR NEW CONGO, en sigle.

 

Nous devons nous rebeller. Nous devons nous rebeller contre nous-mêmes (au sens de LA REVOLTE METAPHYSIQUE que propose le philosophe politique Guillaume Manjolo), chercher au plus profond de nous-mêmes la causalité fondamentale de cette déficience anthropologique qui nous rend  incapable de convertir 22.000 milliards de richesses même en 10% des richesses tangibles à hauteur de $220 milliards pour faire de ce pays le meilleur espace d’existence collective de l’Afrique (Wakanda) et un des plus heureux de la planète. Même Dieu le Créateur est attristé par notre incompétence développementale. Pourtant, cela n’est point une  déficience  irréversible.

 

Nous devons nous rebeller. Nous rebeller contre la vacuité idéologico-intellectuelle des gouvernants. Nous devons  nous insurger contre la carence prométhéenne rendant nos politiciens incapables de convertir leurs énoncés discursifs en actions productrices des richesses nouvelles et génératrices des modalités existentielles mélioratives de notre humanité. Nous devons nous rebeller. Nous devons nous rebeller contre une société dont les politiciens du pouvoir et de l’opposition, les professeurs d’université, l’oligarchie ecclésiastique, les opportunistes  de la société civile, les gouvernants, les technocrates, les officiers et securocrates, les journalistes, portent une intellectualité sous-développée opérant avec une intelligence instrumentale, sont dénués de faculté  transsubstantialiste à finalité développementale.

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L’AGORA DES GARDIENS INTELLECTUELS DE LA REPUBLIQUE, AGIR NEW CONGO, en sigle est née justement de cette rébellion idéologico-intellectuelle.